La commission présidée par le Professeur MENARD, chargée de formuler des propositions pour le plan Alzheimer, a remis son rapport le 8 novembre au président de la République.
Le rapport, qui insiste sur la nécessité absolue de considérer la personne malade comme un sujet possédant droits et citoyenneté, pose le problème de l’annonce précoce de la maladie, en l’état actuel des traitements, qualifiées d’hésitants.
Il invite également à fournir un effort de recherche sans précédent, afin de mettre au point des thérapeutiques curatives. Pour éviter l’émiettement des efforts, la commission propose la création d’une Fondation de coopération scientifique où travailleraient partenaires publics et privés, dans le cadre d’un réseau national. L’objectif est d’accélérer en permanence le transfert des connaissances scientifiques, médicales et sociales, des laboratoires à la personne malade.
Le rapport préconise aussi d’optimiser le diagnostic en créant des consultations sur la mémoire, et de mettre en place un dispositif d’annonce de la maladie avec un accompagnement de la personne atteinte et de sa famille. La commission recommande un suivi assuré par le médecin généraliste (avec des rémunérations adaptées car les séances sont longues : non plus à l’acte mais au forfait, à partir d’une dizaine de patients), en relation avec d’autres professionnels de l’aide médico-sociale, et des évaluations ultérieures assurées par un neurologue. La commission souhaite aussi la mise en place de programmes d’éducation thérapeutique du malade et de sa famille.
Dans sa partie consacrée à l’accompagnement du parcours de soins, le rapport préconise le libre choix entre la maison (avec les aménagements indispensables : éclairages, signaux visuels, appareillages électriques à coupure automatique...) et l’établissements spécialisé (qui devient indispensable lorsque la maladie s’aggrave), mais aussi une meilleure formation des aides à domicile. Le rapport recommande également un accès facilité à des lieux de stimulation cognitive en nombre aujourd’hui insuffisants, ainsi que des lieux de repos pour les proches, souvent exténués.
La commission souligne la difficulté des familles à faire entrer le malade dans les établissements, en nombre insuffisants, inéquitablement situés sur le territoire. La commission demande la création d’unités spécifiques d’une douzaine de patients à l’intérieur des établissements, pour les malades souffrant de troubles du comportement. Elle insiste sur la nécessité d’avoir au sein de ces unités des professionnels bien formés et valorisés.
La commission propose enfin la création d’un centre d’éthique spécifique à la maladie d’Alzheimer, qui aiderait les professionnels à répondre aux questions qu’ils se posent dans l’exercice de l’accompagnement des malades et de leur famille.
A la suite de la remise de ce rapport, le président de la République va engager une concertation avec les professionnels, sur la base de ces propositions, avant d’annoncer les orientations du plan Alzheimer dont il a annoncé le lancement prochain.
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