La Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL) a contrôlé pour la première fois le Système de Traitement des Infractions Constatées (STIC), fichier créé en 2001 et consulté 20 millions de fois par an par les services de police.
Ces conclusions reposent, selon Le Monde (édition datée du 20/01/2009) sur un questionnaire envoyé à 34 tribunaux de grande instance, et 19 contrôles sur le terrain, menés entre juin et novembre 2008 dans 7 commissariats, 4 services régionaux de police judiciaire, 4 tribunaux de grande instance, 1 direction régionale des renseignements généraux et 3 préfectures.
La CNIL estime que :
seulement 17% des fiches des personnes mises en cause, qui concernent 5,5 millions de personnes dans 36,4 millions de procédures, sont exactes ;
les transmissions des suites judiciaires données aux affaires sont quasi inexistantes : en 2007, 21,5% des classements sans suite ont été enregistrés, 0,47% des non-lieux, 6,88% des acquittements et 31,17% des relaxes.
La CNIL insiste sur les conséquences que peuvent entraîner des données erronées pour les personnes soumises à une enquête administrative, car le STIC est aussi utilisé pour le recrutement, l’agrément ou l’habilitation des personnes travaillant dans le domaine de la sécurité (surveillance, gardiennage, police municipale, salariés des zones aéroportuaires, gardes champêtres, magistrats, ambassadeurs...) - ce qui représente un million d’emplois.
La CNIL dénonce aussi les disparités de traitement, certains services de police écartant les mineurs de moins de 10 ans ou les personnes âgées de plus de 85 ans, et d’autres non. Des données sensibles et des qualifications discriminatoires existent aussi, même si elles sont assez peu utilisées. Et les moyens humains et informatiques sont insuffisants.
Selon Les Echos (édition datée du 21/01/2009), la CNIL a remis le 20 janvier un rapport au Premier ministre, avec 11 propositions, dont :
la mise en place d’un audit interne aux ministères,
la traçabilité des consultations avec l’intégration d’un système d’alerte en temps réel permettant de détecter une utilisation anor,
l’intensification des contrôles : seuls 120 contrôles ont eu lieu en 2008 sur 20 millions de consultations...
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