Selon Le Monde (édition datée du 13/02/2010), le gouvernement préparerait un projte de loi visant à restreindre les droits des étrangers en situation irrégulière. Prévu initialement pour transposer la directive européenne fixant les règles communes de reconduite à la frontière des immigrés illégaux, le texte va plus loin, avec :
la création de zones d’attentes, décrétées par les autorités administratives, qui priveront immédiatement de liberté les étrangers ;
l’accélération du pocessus d’éloignement : alors qu’il dispose aujourd’hui d’un délai de 30 jours pour déposer un recours, l’étranger en situation illégale n’aura plus que 48 heures pour déposer ce recours si l’administration décide qu’il doit partr « sans délai » ;
la création d’une interdiction de retour sur le territoire français : le projet transposerait la directive européenne qui prévoit que l’administration pourra assortir l’Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF) d’une interdiction de retour pour une durée de trois ans maximum, qui pourra être prolongée de deux ans supplémentaires en cas de maintien sur le territoire ou de retour dans le délai ;
l’affaiblissement du rôle de juge des libertés et de la détention : le projet restreint les prérogatives du juge judiciaire garant des libertés fondamentales. L’intervention du juge des libertés et de la détention est repoussée cinq jours après le placement en rétention, contre 48 heures aujourd’hui. Il pourra prolonger deux fois la durée de rétention de 20 jours contre 15 actuellement ;
la création d’une « carte bleue européenne » : elle sera de trois ans maximum, et renouvelable pour les étrangers titulaires d’un diplôme supérieur à la licence ou d’une expérience professionnelle d’au moins cinq ans et d’un contrat de travail d’au moins un an.
Par ailleurs, le projet de loi prévoit sur le travail illégal :
une amélioration des droits des travaiulleurs sans-papiers : la salarié sans papier aura droit au titre de sa période d’emploi illicite à un rappel de salaires sur trois mois minimum, ainsi qu’à une indemnité de rupture de contrat de travail de trois mois, contre un mois actuellement. Le donneur d’ordre pourra être tenu civilement responsable du paiement de ces indemnités s’il a recouru sciemment aux services de sous-traitants employant cet étranger sans titre de séjour ;
le renforcement de la lutte contre le travail illégal : si les sous-traitants ont l’obligation d’être agréés par leurs donneurs d’ordre actuellement, ce qui renforce la responsabilité de ces derniers, le projet renforcera encore la pression. Les préfets pourront fermer, « par décision motivée » et « pour une durée ne pouvant excéder six mois » une entreprise qui aura eu recours au travail illégal. Les préfets pourront aussi exclure pour six mois ces entreprises des marchés publics.
Le projet de loi devrait être présenté au Conseil des ministres en mars prochain.
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