Le projet de loi sur l’immigration est examiné depuis le 28 septembre à l’Assemblée nationale. Ce texte, qui transpose une directive européenne, durcit aussi la politique migratoire avec :
le recul de l’intervention du juge des libertés en rétention : la mesure vise à faciliter la procédure d’expulsion, en inversant l’ordre de passage des deux juges (administratif et des libertés). Il s’agit de permettre à l’administration d’éloigner un étranger avant l’intervention du juge judiciaire, lequel annule généralement un tiers des expulsions pour nullités de procédures. Le projet encadre aussi les motifs de nullités....
l’allongement de la durée de rétention de 32 à 45 jours : la mesure donnera plus de temps pour obtenir du pays d’origine un laissez-passer, dont l’absence annule 31% des expulsions...
la création de zones d’attente à la carte, à tout moment, en tout point du territoire, en cas d’arrivée d’un groupe d’au moins dix étrangers, permettra de faciliter les expulsions...
le durcissement des sanctions contre les employeurs de sans-papiers, même si les employeurs pourront plaider la bonne foi...
le bannissement du territoire européen : la mesure prévoit d’interdire le retour sur le territoire européen pendant cinq ans au maximum à tout migrant n’ayant pas quitté la France alors que cela lui a été notifié...
la déchéance de nationalité : ajoutée par voie d’amendement, elle pourra s’appliquer à tous les naturalisés depuis moins de dix ans qui auraient commis un crime sur une personne dépositaire de l’autorité publique...
l’expulsion des ressortissants communautaires : ajoutée elle aussi par amendements, la mesure permettra d’expulser plus facilement des ressortissants issus de l’Union européenne, y compris pendant les trois mois d’autorisation de circuler, s’ils ont multiplié les allers-retours successifs...
la lutte contre les mariages gris : l’étranger marié sans intention matrimoniale pourra être condamné à sept ans de prison et 30000 euros d’amende...
la limitation des droits des étrangers malades : un amendement prévoit de limiter l’accès à un titre de séjour à un étranger malade...
Le projet est le quatrième texte en sept ans. Deux semaines de discussion sont prévues pour les 90 articles et les 500 amendements. Beaucoup de juristes contestent, selon Le Monde (édition datée du 28/09/2010), la constitutionnalité de certains articles...
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