Le président de la République, Nicolas SARKOZY, a rendu public le 16 juin ses arbitrages sur le projet de réforme des retraites, déficitaire de plus de 30 milliards d’euros. Présenté par le ministre du Travail, Eric WOERTH, le texte prévoit :
le report de l’âge légal de la retraite de 60 à 62 ans en 2018, à raison de quatre mois par an à partir de la génération née en 1951. Ce relèvement concernera les fonctionnaires à partir de 2017 ;
le report de l’âge du taux plein de 65 à 67 ans en 2018. Les salariés des régimes spéciaux (réformés en 2007) seront concernés à partir de 2017 ;
la durée de cotisation sera portée à 41 annuités et un trimestre en 2013 pour les générations nées en 1953 et 1954, et portée à 41 annuités et six mois en 2020, comme la réforme de 2003 le prévoyait déjà ;
le taux de cotisation pour les fonctionnaires passera de 7,85% à 10,55% (taux du secteur privé) en dix ans. En revanche, le mode de calcul (sur les six derniers mois) ne sera pas aligné sur celui du privé (les 25 meilleures années) ;
les salariés ayant commencé à travailler avant 18 ans pourront continuer à prendre leur retraite entre 58 et 60 ans, à condition d’avoir cotisé pendant la durée prévu actuellement, plus deux ans ;
les salariés ayant une incapacité pysique égale ou supérieure à 20% pourront partir à la retraite à 60 ans à taux plein, même s’ils n’ont pas cotisé tous leurs trimestres ;
l’indemnité journalière du congés maternité sera intégrée dans le salaire de référence pour le calcul de la retraite ;
pour les chômeurs non indemnisés, le nombre de trimestres validés passera de 4 à 6 ;
le dispositif qui permet aux parents de trois enfants de liquider leur pension à partir de quinze ans de service sera fermé en 2012 ;
le taux de la tranche la plus élevée de l’impôt sur le revenu sera porté de 40 à 41%, non prise en compte dans le bouclier fiscal. La mesure devrait rapporter 230 millions d’euros ;
les ressources du Fonds de Réserve des Retraite (33 milliards d’euros) seront transférées à la Caisse d’Amortissement de la Dette Sociale : elles permettront de financer les déficits accumulés d’ici 2018 par le régime général et le fonds de solidarité vieillesse ;
le crédit d’impôt des particuliers sur les dividendes est supprimé et la quote-part pour frais des entreprises plafonnée : 645 millions d’euros de gain ;
les prélèvements forfaitaires des revenus du capital et du patrimoine seront augmentés d’un point : gain de 265 millions d’euros ;
les plus-values sur les cessions d’actions et d’obligations seront taxées dès le premier euro : gain de 180 millions d’euros ;
une contribution salariale de 14% sera créée sur les retraites chapeaux : gain de 110 millions d’euros ;
la contribution sociale payée par le bénéficiaire des stock-options sera triplée, à 8%, et le taux de la contribution de l’employeur passera de 10 à 14% : gain de 70 millions d’euros.
le calcul de l’allégement des charges patronales sera annualisé, pour un gain de 2 milliards d’euros.
Avec ces mesures, le gouvernement attend 19 milliards € d’économies retraites en 2018, 4 milliards € d’économie sur la fonction publique et 4,4 milliards € de recettes nouvelles, ce qui rétablirait l’équilibre des régimes, selon lui. Le gouvernement s’est gardé jusqu’au 218 juin pour corriger le texte...
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