Les syndicats et le patronat ont terminé le 11 janvier la négociation sur la modernisation du marché du travail. Parmi les points du projet :
La période d’essai : elle sera allongée pour les contrats à durée indéterminée. De un à deux mois au maximum pour les ouvriers et les employés, entre deux et trois mois pour les agents de maîtrise et les techniciens, entre trois et quatre mois pour les cadres, sauf si un accord de branche prévoit une durée supérieure. La période d’essai pourra être reconduite une seule fois, et les durées totales ne pourront dépasser quatre mois pour les ouvriers et les employés, six mois pour les agents de maîtrise et les techniciens et huit mois pour les cadres.
La rupture du contrat à durée indéterminée : un nouveau mode de rupture conventionnel a été créé pour privilégier une solution négociée à l’occasion des ruptures de contrat de travail. L’employeur et le salarié pourront déterminer les conditions de la fin du contrat de travail, avec un droit de rétractation pendant quinze jours. L’accord conventionnel devra après ces quinze jours être validé par le directeur départemental du travail. L’indemnité de rupture du salarié sera équivalente à un cinquième de mois par année d’ancienneté, et l’ancien salarié bénéficiera des allocations chômage.
La hausse des indemnités de départ : les indemnités légales de licenciement passeront de 10 à 20% du salaire mensuel, par année d’ancienneté, et il suffira d’un an pour en bénéficier, contre deux actuellement.
Un nouveau contrat de travail : un contrat de mission d’une durée de 12 mois minimum, non renouvelable, à terme incertain, pourra être signé avec des ingénieurs et des cadres, pour la réalisation d’un projet de 18 à 36 mois défini dans le contrat. L’utilisation de ce contrat sera subordonné à un accord de branche ou d’entreprise, et ne pourra être utilisé dans le cadre d’un accroissement temporaire d’activité. Le contrat pourra être rompu à la date anniversaire de sa signature, pour un motif réel et sérieux, et le salarié percevra en cas de rupture une indemnité égale à 10% de la rémunération reçue pendant le contrat.
La portabilité des droits du salarié : le salarié qui se retrouve au chômage pourra garder sa couverture prévoyance santé pendant une durée égale à un tiers de sa durée d’indemnisation du chômage, avec un minimum de trois mois. Le salarié gardera 100% du solde des heures de formation acquise dans le cadre du Droit Individuel à la Formation (DIF). Avec l’accord de son nouvel employeur, il pourra utiliser ce crédit d’heures pendant les deux années suivant son embauche.
La prise en compte des stages : la durée du stage réalisé lors de la dernière année d’études sera prise en compte dans la période d’essai, sans que celle-ci puisse être réduite de plus de la moitié de sa durée, et à condition que le stage se soit passé dans l’entreprise qui recrutera le jeune.
La formation : les personnes les plus éloignées de l’emploi pourront bénéficier d’une formation dont le financement sera assuré par un fonds dont le financement sera défini lors de la prochaine négociation sur la formation professionnelle.
Le soutien des moins de 25 ans sans emploi : une prime forfaitaire est instaurée pour les moins de 25 ans involontairement privés d’emploi et qui n’ont pas assez travaillé pour avoir accès aux allocations chômage.
Les syndicats vont déterminer dans les prochains jours leur position sur le projet : selon Le Monde (édition datée du 13/01/2008), FO et la CFTC le 14 janvier, CFE-CGC le 15 janvier, la CFDT le 16 ou le 17 janvier, et la CGT le 29 janvier, cette dernière ayant déjà indiqué qu’elle ne le signerait probablement pas.
En cas d’accord, par au moins trois syndicats, le gouvernement devrait en transposer les termes dans une loi d’ici la fin du premier semestre. En cas de désaccord, le gouvernement présentera au Parlement son propre texte législatif.
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