La Commission européenne a annoncé le 3 mars dernier cinq objectifs à l’échéance 2020 visant à mieux coordonner les politiques nationales dans trois domaines : l’emploi, l’innovation et l’environnement.
Ces objectifs 2020 sont :
un taux d’emploi à 75% contre 69% aujourd’hui,
3% du Produit Intérieur Brut (PIB) investi en Recherche & Développement, contre 1,9% actuellement,
un taux d’abandon scolaire ramené à 10% et 40% de jeunes obtenant un diplôme d’enseignement supérieur,
la réduction de 20 millions du nombre de personnes menacées par la crise,
la réduction de 20% des émissions de gaz à effet de serre, l’économie de 20% d’énergie et 20% de produit renouvelable dans la consommation de l’Union.
Pour y parvenir, la Commission propose sept actions clés que les Etats devraient mettre en œuvre en priorité et qui permettraient d’évaluer la crédibilité de leurs engagements :
développer une Union plus innovante,
soutenir plus la formation et la mobilité des chercheurs et des étudiants et développer l’emploi des jeunes,
suivre un « agenda digital » qui sera présenté dans les prochaines semaines,
favoriser les économies d’énergie dans toute une série de secteur,
développer une politique industrielle européenne,
éradiquer la pauvreté,
adopter un nouvel « Agenda pour l’emploi ».
La mise en œuvre de ces objectifs n’est pas acquise :
une inititative précédente (dite « Stratégie de Lisbonne ») lancée en 2000 a échoué ;
les pays résistent à tout objectif contraignant et refusent l’idée de sanctions ;
le rôle des différents pouvoirs européens (Commission, Eurogroupe et Conseil) n’est pas très clair, chacun tentant de prendre l’ascendant sur l’autre. L’Allemagne, selon Le Monde (édition datée du 4/03/2010), soutient le Conseil européen et redoute que la montée en puissance de l’Eurogroupe ne remette en cause l’indépendance de la Banque Centrale. Manuel BARROSO, le président de la Commission, met quant à lui en avant les outils que le traité de Lisbonne attribue à la Commission (mises en garde, recommandations en cas de divergences des politiques des Etats) pour légitimer son initiative...
Le texte présenté le 3 mars devrait être soumis aux chefs d’Etat et de gouvernement lors d’un sommet à la fin du mois de mars, et discuté pour être formellement adopté lors du Conseil européen de juin prochain.
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