Les députés et les sénateurs ont définitivement adopté, le 23 octobre, le projet de loi sur l’immigration, qui comprend une mesure sur les tests ADN, dans le cadre du regroupement familial. Le Parti socialiste a confirmé qu’il saisirait le Conseil constitutionnel.
Les principales mesures du texte sont :
l’évaluation du degré de connaissance de la langue française et des valeurs de la République, pour les personnes demandant à rejoindre la France au titre du regroupement familial, y compris les conjoints de Français. Si le besoin est établi, ces personnes devront suivre une formation d’une durée maximale de deux mois, et l’attestation de suivi de cette formation donnera droit à la délivrance du visa ;
la possibilité pour tout ressortissant d’un pays dans lequel l’état civil présente des carences ou qui ne possède pas d’état civil, et qui souhaite rejoindre un parent installé en France, de demander l’identification par ses empreintes génétiques des preuves d’une filiation avec sa mère. Les personnes devront être consentantes. Le tribunal de grande instance de Nantes devra statuer sur la nécessité de procéder à une telle vérification. Un décret du Conseil d’Etat, pris après avis du Conseil consultatif national d’éthique, définira les conditions de mise en œuvre, la liste des pays concernés, la durée de l’expérimentation ;
des conditions de ressources pour faire venir sa famille, lesquelles seront précisées par décret, entre 1 et 1,2 Smic. Les parents devront signer un contrat d’accueil et d’intégration par lequel ils s’engageront à suivre une formation sur les droits et les devoirs des parents en France, et à respecter l’obligation scolaire ;
le transfert de tutelle de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), du ministère des affaires étrangères à celui de l’immigration. L’étranger arrivant en situation irrégulière et déposant à la frontière une demande d’accès au territoire au tire de l’asile, disposera en cas de refus d’un droit de recours suspensif ;
la régularisation exceptionnelle des étrangers justifiant d’une promesse d’embauche dans un métier et une zone géographique caractérisés par des difficultés de recrutement. Quand une entreprise transnationale fera venir un étranger, ce dernier bénéficiera d’un titre de séjour automatique, sans que l’administration ait à apprécier l’opportunité de sa venue au titre de la situation de l’emploi ;
la délivrance d’une carte de résidence permanente à durée indéterminée, pour tout étranger en faisant la demande à l’expiration de sa carte de séjour de dix ans ;
la possibilité de recueillir des données faisant apparaître les origines raciales ou ethniques des personnes, dans le cadre d’études menées sous le contrôle de la CNIL pour mesurer la diversité des origines des personnes, la discrimination et l’intégration.
Voir en ligne : Maîtrise de l’immigration, intégration, asile
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